Repy One

Repy One, un nom, une marque qui se veut indélébile sur de nombreux murs de Vichy et d’ailleurs. Mais derrière la signature et les couleurs saisissantes, se dévoile un artiste vichyssois oeuvrant depuis plus de 10 ans au fil de déambulations nocturnes … Une histoire de street-art en cache-cache, qui éclatent aussi désormais en pleine lumière comme sur les murs du théâtre de Cusset. Spécialiste du graff sur fresques murales grand format, Repy One transpose aussi son style affirmé sur toile. Mais s’il s’essaye à l’acrylique, c’est l’aérosol qui reste son outil de prédilection. 

Repy One… bon ben déjà pourquoi ce nom ?

Très simple, je m’appelle Pierre. Et, pour commencer à tagguer, il me fallait un nom d’emprunt. J’ai simplement inversé les lettres de mon prénom : Pierre-Repié-Répi-RepyOne. J’ai ensuite changé de nom lorsque ma mère m’a démasqué ! Eh oui, pas très discret de choisir l’anagramme de son prénom. 😅 À l’époque ma famille ne cautionnait pas du tout cette pratique. Enfin, j’ai récupéré RepyOne pour signer les projets officiels. 

Tu nous expliques comment tu es arrivé à ton art d’aujourd’hui ?

À l’adolescence, nous avons perdu un ami. Pour lui rendre hommage, nous avons monté un projet pour décorer le souterrain de Gannat, à l’aide d’artistes graffeurs professionnels. C’est Pupa Fuzz’T qui m’a mis une bombe dans les mains (big up à lui). Depuis je n’ai pas lâché. 

Qu’est-ce qui te plait le plus dans le graff ?

L’illégalité de la pratique, c’est certain !! Mais surtout sa dimension sociale. Le graffiti se pratique la plupart du temps en groupe. De plus, c’est un mouvement planétaire, si bien que dans n’importe quel pays où tu te trouves, tu peux rencontrer un mec et aller peindre. 

Où trouves-tu l’inspiration ?

Partout. Un film, une humeur… Des fois c’est inconscient, mais cela vient surtout dans l’observation des visages. Je travaille le portrait et essaye de donner un maximum d’expression, en privilégiant une esthétique qui me correspond de plus en plus. Les voyages sont aussi une grande source d’inspiration, j’en profite toujours pour laisser des souvenirs. 😁

Si tu n’étais pas devenu l’artiste que tu es, quelle autre passion aurait pris toute la place ?

Le sport. J’ai fait des études dans le but d’être professeur d’EPS. Mais la fac ce n’était pas pour moi ! 

Avec le graff on est encore et toujours (malheureusement) à la limite de la légalité parfois, ça complique ou pimente ton travail ?

Clairement, ça pimente. Mais, quand on peint dans la rue, tout un tas de paramètres compliquent la tâche. Il faut tout de même préciser que le graffiti est illégal alors que, l’appellation « street art » est le plus souvent autorisée…. D’ailleurs lorsque je réponds à une commande, ce n’est plus du graffiti. Selon moi, ça devient de la peinture murale. 

Sur quel(s) projet(s) travailles-tu actuellement ?

J’ai plusieurs projets en cours. Notamment, la réalisation d’une façade bien visible à Vichy. Restez connectés ! 😉 Et je profite de l’hiver qui arrive pour me concentrer sur une série de toiles, en vue, pourquoi pas, d’une exposition. À suivre… 

Ton plus beau souvenir artistique ?

Être invité aux Bahamas pour peindre et y emmener ma copine. Un plaisir et une grande fierté. Qui aurait cru que peindre en cachette pendant des années, t’emmène à des destinations de rêve ? 

Et le pire ? 

Plusieurs anecdotes me viennent à l’esprit. Le pire souvenir, et encore ça c’est bien soldé, est la fois où j’ai fini menotté sur un banc toute la nuit, pour être relâché au petit matin (loin de chez moi). Pris en flagrant délit, j’ai tout de suite proposé de repeindre le mur en question, initialement gris, de la même « couleur ». C’est peut être ça qui m’a sauvé et aussi certainement le fait qu’ils n’avaient pas fait le rapprochement avec les autres graff  !

Un rêve de pièce ou d’oeuvre idéale pas encore réalisée ?

Je n’ai pas vraiment d’œuvre idéale. Chaque peinture m’oblige à me dépasser. L’objectif reste tout de même de peindre des façades toujours plus grandes. 

Pour finir, on te laisse répondre à la question qu’on ne te pose jamais…

Je modifierai juste en « question qu’on ne me pose plus ». (D’ailleurs c’est récent.) 
« Et sinon, t’as un métier ? » 

En bonus… Facebook | Instagram | repyone.com

Merci la team Baroq😘

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