… la #fièvreduvendrediaprèsmidi à Vichy

Il y a la trentenaire vichyssoise. Celle qui traîne ses baskets le samedi soir au bistrot, avec la lassitude de ne jamais vivre une chorée endiablée à la Tarantino et ses “on fait quoi ? On va où ?” pour seul crédo. Et il y a eux. Jacqueline, Giuseppe, Josiane, Regis, Didier qui chaque mardi et vendredi, heureux comme des poissons dans l’eau, se retrouvent au Hall des Sources pour guincher au son de l’accordéon.

Thé Dansant. Un nom poétique et innocent probablement inventé par une grand-mère futée, pour obtenir la permission de sortie de ses rabat-joie de petits-enfants.

A 16h30, #sapéscommejamais, ils lancent les hostilités. En couple, entre amis, en célibataire, enjoués ; on s’assoit, on s’observe, on salue Alain – mi chef d’orchestre, mi David Guetta – on attend que les plus téméraires fassent leurs premiers pas et, rapidement, la piste prend des airs de flashmob. Fox, Madison, Tango et même Disco, la #teamdes30balais se retrouve en plein “Danse avec les [pas] Stars”. Trébuchages, demi-tours incontrôlés, arpions écrasés, oubliées grâce et légèreté, nous donnons la parfaite démonstration de l’expression #dansercommeunpied !

Tandis que des couples enlacés tourbillonnent, quelques autres jasent. Les copines à la soixantaine bien tassée partagent les derniers potins. Un ou deux messieurs s’éclipsent – #urgencevessie, sans se départir de leur superbe et Marc, l’élégant qui a déjà fait tourner plus d’une tête, en profite pour se lancer dans une leçon de Tcha-Tcha, #PatrickSwayzeinside, avec la jeune Alexia, la vingtaine et des poussières empotée ! Le jeune retraité d’à côté, lui aussi relève les manches. Il confie que sa partenaire, récemment appareillée d’une nouvelle hanche, nécessite une attention toute particulière “il faut la faire tourner toujours du même côté, sous peine de la dévisser !”.

Autour de la piste, trépignant d’impatience, les moins chanceuses attendent, éventail à la main, qu’un cavalier vienne les inviter. Il y a celle qui déplore de voir toujours les mêmes et qui espère le curiste de passage. Comment l’imagine-t-elle ? Grand, avec le cheveu bien présent et une bouche garnie de dents ! Et il y a Lucienne, l’habituée timide, qui voudrait que la main de Serge attrape la sienne. Comme quoi, qu’on ait 12, 30 ou 75 ans, la logique reste la même !

Et le goût du thé dans tout ça ? Si tu viens pour, ça va te laisser les bras ballants, autant dire que #cestvraimentpaslemoment ! Et oui, c’est un thé dansant sans le thé ! Surement que la guibole tremblante d’avoir trop valsé, accompagnée d’une tasse brûlante pourrait exposer à quelques dangers. Mais si tu espères t’envoyer un whisky-coca, là aussi tu repasseras. A la buvette ambulante tu as le choix entre de l’eau – God save Vichy – ou du jus de fruits. Et avec la chaleur qui règne, si les mises en plis ne bougent pas d’un bigoudi, on mouille sa chemise, alors tu fais le compromis #questiondesurvie !

Dans la cité thermale ou le senior est roi, ici, grâce à lui, chacun peut se sentir un peu Travolta. La fête plein les mirettes, on danse, on chante, on rencontre, on aime, on s’enjaille à la guinguette. Les robes virevoltent, les rires s’envolent, les bras s’accrochent, les pieds tourbillonnent… la vie en musette… Un de ces moments qui laissent croire, que la jeunesse serait parfaite si seulement elle arrivait un peu plus tard. #lesjeunessontvieuxjeu

Même si on n’a pas picolé, même si on n’avait aucune chance d’emballer (quoi qu’on me souffle que la jolie Aurélie, trentenaire endurcie, est repartie avec le 04 de son prétendant), on a trouvé une bien belle occas’ d’être réunis, de sortir tenue à paillettes, nœud pap’ et talons de 10 centimètres.

Alors Vichy, un coup de jeune ça te dit ?

Charlène Rouillot, envoyée spéciale.